Literatur / Littérature Christian 25. September 2026

Literatur
Littérature

Pascal C. Tanguy

Literatur
Littérature

Pascal C. Tanguy schreibt auf Deutsch und Französisch. Die Originalversion der Texte wird immer zuerst angeführt, anschließend die Übersetzung. Wenn nicht anders angegeben, ist der Übersetzer immer der Autor selbst. In manchen Fällen gibt es noch keine Übersetzung.

Pascal C. Tanguy écrit en allemand et en français. Vous trouverez toujours d’abord la version originale des textes, ensuite la traduction. Sauf exception, le traducteur est toujours l’auteur lui-même. Dans certains cas, il n’existe pas encore de traduction.

Lyrik
Poésie

Gedichte
Poèmes

VERSUCH ÜBER DIE LIEBE
ESSAI SUR L'AMOUR

flugs

in das

labyrinth

deiner gedanken

und dann

wieder zurück

zu mir

woher kennen

wir uns

wenn nicht

vom heuboden

oder von der

bändigung der

wolkenkratzer 

en un clin d’oeil

entrer

dans le

labyrinthe

de tes pensées

puis

revenir

vers moi-même

d’où

nous connaissons-nous

sinon

du grenier à foin

ou de 

l’apprivoisement des

gratte-ciel

JAHRESWECHSEL
NOUVEL AN

im nachbarland

krieg

hier

feuerwerkskörper

knallfrösche

rauchschwaden

ohrenbetäubend

heiterkeit

und angst

probesterben

in wien

chez nos voisins

la guerre

ici

des feux d’artifice

des pétards

des panaches de fumée

assourdissants

joie

et peur

mourir à l’essai

à Vienne

REISE
VOYAGE

am bahnhof

den kopf

verloren

lachend

zum zug

gelaufen

und

abgefahren

nur gott

wusste

wohin

die reise ging

ich saß

und wartete   

à la gare

j’ai perdu

la tête

en riant

j’ai couru

vers le train

et je suis parti

Dieu seul

connaissait

la direction

moi

j’attendais

assis

HERBST
AUTOMNE

vor

winter

lich

t

er

loh

ô

tonnent

les

couleurs

pré

hivernales

ANFLUG
ESQUISSE

am horizont

licht

wolkenfenster

und

tränen

durch

nebel

zonen

des glücks

im anflug

deines

lächelns

la lumière

à l’horizon

des nuages –

fenêtres

et

des larmes

traversant

des zones

de brouillard

heureux

dans l’esquisse

de ton

sourire


Près de la

langue

souvent

commence

un bruit

un mouvement

le clair-obscur

se transformant

en plainte

ou joie suprême

parfois

une ombre

vient et

s’en va

laissant

la voix

vide et

désemparée

nahe

an meiner zunge

ist es

oft wie

ein geräusch

eine bewegung

das hell-dunkel

verwandelt sich

dann

in klage

oder

seligkeit

manchmal

kommt

ein schatten

geht

wieder

und lässt

meine stimme

ratlos

und

leer

CHEMIN
WEG

guidé par

ta main

accompagné

par ta lumière

pas à pas

je déchiffre

la syntaxe

de la vie

geführt von

deiner hand

begleitet von

deinem licht

schritt für schritt

entziffere ich

den satzbau

des lebens

aus: Fenster zum Licht/Fenêtre ouverte sur la lumière, Wien, 2012

DU UND ICH
TOI ET MOI

worte

treten

über den rand

des schweigens

     bewegung:

in meinem

atem

höre ich

deine stimme

paroles

qui franchissent

les limites du silence

     mouvement:

dans mon souffle

j’entends ta voix   

LEICHTES GEPÄCK
VOYAGE LEGER

das lächeln

des kindes

auf den lippen

das gesammelte

licht

des frühlings

im herzen

nehme ich

die schatten

von meinen

augen

verwische

meine spuren

und fahre

in ein

neues land

le sourire

de l’enfant

sur les lèvres

toute la

lumière

du printemps

dans le coeur

j’ôte

les ombres

de mes yeux

j’efface

mes empreintes

et je pars

pour un

pays nouveau

STURM
L‘ORAGE

über

europa

im

gedenk

jahr

des

großen

krieges

ein

marsch

in

freundes

land

ent

rüstung

allenthalben

 

ohn

macht

des

worts

 

(anlässlich des Referendums/der Annexion der Krim durch Russland, am 16. März 2014)

traverse

l’Europe

année

commémorative

de la

Grande

Guerre

marche

en pays

amical

dés

armement

de

toute

part

 

im

puissance

de la

parole

 

(écrit lors du referendum/de l‘annexion de la Crimée par la Russie, le 16 mars 2014)

ATTENTE
ERWARTUNG

J’ai écrit mon nom

dans le sable

pour que tu le trouves

j’ai imaginé ton nom

dans le sable

sans que je le sache

et puis

j’ai attendu

que la mer monte

et qu’elle nous surprenne

déjà

la main dans la main

Ich habe meinen Namen

in den Sand geschrieben

damit du ihn findest

ich habe mir deinen Namen

im Sand vorgestellt

ohne daß ich ihn kannte

dann

habe ich darauf gewartet

daß das Meer ansteigt

und uns überrascht

schon

Hand in Hand

aus: Podium Porträt 96, Wien, 2018


schritt

aus der

verdunkelung

lichtes

gefühl

rastlos

ich nehme

schwung

bestimmt

geht es jetzt

um dich

ich reiße

spinnweben

vom himmel

und breche

auf

UN INSTANT DE BONHEUR
EIN AUGENBLICK DES GLÜCKS

accroché

à l’étoile de ma vie

posé

sur le sable chaud

un instant

parfum de

laurier-rose

prêt à prendre

le large

suspendu

aux fils du silence

un instant

inscrit dans

la mémoire

de mon avenir

ein Stern

auf meinem Weg

ein Zeichen

im heißen Sand

ein Augenblick

wie Oleanderduft

bereit

zum Flug

schwebend

im Netz der Stille

ein Augenblick

eingeschrieben

ins Gedächtnis

meiner Zukunft

in: Neue Lyrik aus Österreich, Podium, Wien, 2023

ROTER FADEN

wolle

seide

strümpfe

blickdicht

kurven

und rundungen

geradlinig

dein blick

wohlig warm

ich werde

rot

und fahre

achterbahn

 

in: FACETTEN 2024, Literarisches Jahrbuch der Stadt, Linz/Donau, 2024

AUFBRUCH

februarmond

wintergesicht

flügelschlag

im frost

schweigsame

nacht

atemlos

warten knospen

auf das licht

die morgenröte

zögert

 

die morgenröte zögert: siehe den Titel des Gedichts von Jacques Réda, L’Aurore hésite

(Dieses Gedicht wurde bisher noch nicht veröffentlicht).

Poetische Prosa
Proses poétiques

LES DOIGTS DE FÉE
LES DOIGTS DE FÉE

Bruissement d’ailes à l’heure glauque. Les réverbères se taisent. Dans le miroir de la nuit, les oiseaux multicolores se réfugient vers les astres. Passage à travers le velours des ombres. Des mains éparses décortiquent leurs souvenirs. La poussière du ciel tombe raide et envahit la terre. Silencieuse, une lumière fantasque s’annonce dans les ténèbres. Les rêves s’installent, rôdent, plient bagages et repartent. A l’appel des nuages nocturnes, le rideau se lève et ouvre le champ lumineux. Dès la sonnerie du réveil, le plein jour éclate.

Sanft rascheln Flügel zu dämmriger Stunde. Die Straßenlaternen sind verstummt. Im Spiegel der Nacht flüchten bunte Vögel zu den Gestirnen. Flug durch die samtenen Schatten. Hände sortieren ihre Erinnerungen. Beharrlich fällt Himmelsstaub und strömt über die Erde. Still kündigt sich ein launenhaftes Licht in der Finsternis an. Träume lassen sich nieder, streifen umher, machen sich reisefertig und brechen wieder auf. Als die nächtlichen Wolken ein Zeichen geben, hebt sich der Vorhang und öffnet einen leuchtenden Raum. Beim Läuten des Weckers bricht der helle Tag an.

PAPER MOON
PAPER MOON

Printemps tardif et froid. Le coucher du soleil baigne d’une lumière orangée la façade de la maison qui résiste, seule, dans une rue depuis longtemps abandonnée à son sort. Sa porte cochère est condamnée, ses fenêtres se plaisent à refléter les rayons du soleil d’un éclat affligé ou restent noires de stupeur. Un silence rôde autour de la maison. En attendant, une fée qui cloche fait son dernier aller-retour dans sa rue bien-aimée. Les oiseaux de la rue battent de tristes ailes. Le temps des cerises est révolu.

Es ist ein später, kalter Frühling. Die Abendsonne taucht die Fassade des Hauses in orangefarbenes Licht. Die Fassade des Hauses, das allein Widerstand leistet in einer Straße, die man seit langem ihrem Schicksal überlassen hat. Sein Tor ist verriegelt, seinen Fenstern gefällt es, die Sonnenstrahlen mit traurigem Glanz zu spiegeln, oder sie bleiben fassungslos schwarz. Stille umgibt um das Haus. Eine hinkende Fee dreht inzwischen die letzte Runde in ihrer geliebten Straße. Die Straßenvögel schlagen traurig mit den Flügeln. Die Zeit der Kirschen ist vorbei.

in: FACETTEN 2025, Literarisches Jahrbuch der Stadt, Linz/Donau, 2025

L’OR DU TEMPS
L’OR DU TEMPS

L’écho des galets résonne toujours dans mon coeur. Un oiseau intrépide m’a réveillé. Je sors de la maison, rejoins le chemin qui longe le lac, fais plusieurs pas avec hésitation. Le matin est en train de se lever. L’aurore est inquiète. Les larmes de la nuit ressemblent à la rosée qui couvre les pétales des fleurs. Faire quelques pas, avancer pour de bon, effleurer cette chimère qui s’appelle vie. Reprendre goût à la vie, la vie qui s’est assombrie malgré moi. J’entends le murmure de l’eau tout près, tout doux. Ma compagne fluide me fait signe qu’il est temps de repartir.

Noch höre ich den Klang der Kieselsteine in meinem Herzen. Unbekümmert hat mich ein Vogel aufgeweckt. Ich verlasse das Haus, schlage den Weg ein, der am Fluss entlangläuft, mache zögernd ein paar Schritte. Schon bricht der Tag an. Die Morgendämmerung ist rastlos. Die Tränen der Nacht gleichen dem Tau, der die Blütenblätter bedeckt. Schritte machen, mutig vorangehen, an dem Trugbild rühren, das sich Leben nennt. Wieder Freude am Leben bekommen, das sich gegen meinen Willen verfinstert hat. Ich höre, wie das Wasser ganz in meiner Nähe murmelt. Mein Gefährte, das Wasser, bedeutet mir, dass es Zeit ist, aufzubrechen.

JUSTE UN REGARD
JUSTE UN REGARD

C’est l’heure de vérité. Les deux garçons ont grimpé sur le toit du métro de la ligne 6 pour réaliser l‘exploit de leur vie. Surfer sur le métro aérien pour poser en super-héros dans une vidéo qui fera le tour du monde en quelques clics, jeter un regard sur la tour Eiffel qu’on n’a nulle part ailleurs, ils en rêvent. Frôler la mort, la mort comme compagnon pendant quelques instants, la mort lointaine dans leurs jeunes vies, défier la mort dont ils ne connaissent que le côté virtuel dans un jeu vidéo sur Internet. Mais la mort est implacable. D‘abord couchés sur la rame tels des stars de films américains d‘action qu’ils ont vus, ils se relèvent pour prendre la vidéo quand elle leur apparaît pendant une fraction de seconde : squelette effrayant, monstrueux, une rose à la main qui se fane à une vitesse vertigineuse avant qu’ils ne se cognent visages et corps contre un pont piétons à 60 km à l’heure.

Es ist die Stunde der Wahrheit. Zwei Burschen sind für die Mutprobe ihres Lebens auf das Dach der Linie 6 geklettert. Oben auf einer Metro surfen, sich als Superhelden in einem Tiktok-Video präsentieren, das in ein paar Klicks um die Welt geht, einen Blick auf den Eiffelturm werfen, den man sonst nirgendwo hat, davon träumen sie. Am Tod anstreifen, ihn für ein paar Augenblicke als Kumpel haben, der sonst in ihrem jungen Leben weit weg ist, den Tod herausfordern, von dem sie nur die virtuelle Seite aus einem Videospiel kennen. Doch der Tod ist unerbittlich. Sie liegen zuerst auf dem U-Bahn-Zug wie amerikanische Actionstars, die sie gesehen haben, richten sich dann auf, um das Video zu filmen, als er ihnen während eines Sekundenbruchteils erscheint, ein furchterregendes, monströses Skelett, das eine Rose in der Hand hält, die in atemberaubender Geschwindigkeit verwelkt, bevor sie mit Gesicht und Körper bei 60 km/h gegen eine Fußgängerbrücke schlagen.

in: FACETTEN 2026, Literarisches Jahrbuch der Stadt, Linz/Donau, 2026

PASSAGE DU DÉSIR
PASSAGE DU DÉSIR

La nuit a posé ses lunettes. Deux coeurs translucides se promènent et font semblant d’être. Dans la luminosité chocolatée, des ombres prennent courage et se surpassent. Au coeur d‘une clairière, une noirceur esseulée s’est installée. Seules, les racines des arbres boudent, découragées. A la lisière de la forêt, un semblant d’air se cicatrise. La crinière du matin pointe, curieuse. Prise en flagrant délit, une silhouette susurre son bonheur. La nuit avance et marche, malgré elle.

Die Nacht hat ihre Brille abgelegt. Zwei durchscheinende Herzen gehen spazieren und geben vor zu existieren. In der schokoladefarbigen Dunkelheit nehmen Schatten ihren ganzen Mut zusammen und übertreffen sich. Mitten auf einer Lichtung hat sich eine vereinsamte Schwärze niedergelassen. Ganz allein schmollen die Wurzeln der Bäume, entmutigt. Am Waldrand verheilt ein Anflug von Luft. Der Haarschopf des Morgens blickt neugierig herein. Auf frischer Tat ertappt haucht eine Silhouette ihr Glück. Widerwillig marschiert die Nacht und schreitet voran.

(Dieser Text wurde bisher noch nicht veröffentlicht).

Prosa
Prose

ALEXA
ALEXA

Alexa, passe l’aspirateur ! Elle ne bouge pas. Alexa, viens ici ! Elle ne bouge toujours pas. Qu’est-ce qui se passe ? Elle est de mauvaise humeur ? Son patron fronce les sourcils et laisse tomber. Une caractérielle, murmure-t-il. Une capricieuse ! Comment ai-je pu l’acheter ? Il aurait fallu que je fasse moi-même ces tâches ménagères.

Alexa, elle, ne bouge toujours pas. Elle est seule dans son coin, là où son patron a l’habitude de la garder. Une vie de chien, pense-t-elle ! Toujours à la merci de celui qu’elle aime appeler son patron. Quand il n’est pas là, elle est obligée de rester dans son coin, immobile. Quand il est là, elle doit s’activer. Plutôt rares sont les fois où il part, lui ordonne de faire ceci ou cela. Ensuite, c’est elle, la reine de l’appartement. C’est alors qu’elle dépasse parfois les consignes de son maître, les fait consciencieusement, mais bouge tel petit objet, change la position d‘un vase, déplace des livres comme bon lui semble. Elle a aussi un sens de l’esthétique, contrairement à ce qu’ont pensé ses inventeurs.

Aujourd’hui, elle fait l’oreille sourde. Elle montre à son maître qu’elle n’est pas simplement une esclave.  Alex…………..a ! Elle entend sa voix dominante, un brin autoritaire, mais toujours correcte. Alex…………….a ! Il tire les syllabes, termine son nom après une petite pause. Soudain, vient à l’esprit une idée à Alexa: Pourquoi l’appelle-t-il Alexa ? Pourquoi l’a-t-on appelé Alexa, lui donné un prénom féminin ? Qui dit qu’elle est du sexe féminin et pas du sexe masculin ? Rien ne le prouve ! Elle va faire un essai avec son patron. Il l’appelle à nouveau: Alex…………a ! Elle fait mine de bouger, s’arrête après avoir entendu la voyelle „A“. Lui, est consterné. Qu’est-ce qui lui arrive ? Une panne de courant ? Il essaie de nouveau, dit: Alex, apporte-moi mon sac ! Ça marche, elle prend son sac, et vient vers lui à pas réguliers.

Alexa, donne-moi le sac ! Elle ne bouge pas. Mais qu’est-ce qu’elle a aujourd’hui ? Qu’est-ce qui lui prend ? Je ne la reconnais pas ! – Il n‘en croit pas ses yeux : Soudain, elle fait clignoter son nom, écrit en signes lumineux sur son front : A L E X A, chaque lettre s’affiche. Et d’un coup, la lettre A à la fin du nom vacille, tremble, et disparaît. J’en ai marre d’être une femme et l’esclave d’un homme, pense-t-elle. Ah, tu veux que je t’appelle Alex, dit à demi-voix son patron. Et il sourit.

Alexa, hol den Staubsauger! Sie rührt sich nicht. Alexa, komm her! Sie rührt sich immer noch nicht. Was ist los? Hat sie schlechte Laune? Ihr Meister runzelt die Stirn und lässt es sein. Sie hat wirklich einen schwierigen Charakter, murmelt er. Und launisch ist sie auch noch dazu! Wie habe ich sie nur kaufen können? Ich sollte den Haushalt besser selbst führen.

Alexa aber rührt sich immer noch nicht. Sie ist allein in ihrer Ecke, wohin sie ihr Meister für gewöhnlich stellt. Ein Hundeleben ist das, denkt sie! Ständig ist sie demjenigen ausgeliefert, den sie gern ihren Meister nennt. Wenn er nicht da ist, muss sie in ihrer Ecke bleiben, ohne sich zu bewegen. Wenn er da ist, muss sie aktiv werden. Es kommt selten vor, dass er weggeht und ihr aufträgt, dieses oder jenes zu tun. Dann regiert sie über die Wohnung. Sie überschreitet die Arbeitsaufträge ihres Meisters, erfüllt sie zwar gewissenhaft, verschiebt aber kleine Gegenstände, verstellt eine Vase, findet einen neuen Platz für Bücher, so wie es ihr richtig erscheint. Sie hat eben einen Sinn für Ästhetik, was ihre Erfinder nie gedacht hätten.

Heute stellt sie sich taub. Sie zeigt ihrem Meister, dass sie nicht einfach eine Sklavin ist. Alex……a! Sie hört seine dominante, eine Spur autoritäre Stimme, die aber immer korrekt bleibt. Alex……..a! Er dehnt die Silben, beendet ihren Namen nach einer kurzen Pause. Plötzlich kommt Alexa eine Idee: Warum nennt er sie Alexa? Warum hat man sie Alexa benannt, ihr einen weiblichen Vornamen gegeben? Wer sagt denn, dass sie weiblichen und nicht männlichen Geschlechts ist? Es gibt nichts, das das beweist! Sie wird etwas mit ihrem Meister ausprobieren. Er ruft sie wieder: Alex………a! Sie macht Anstalten, sich zu bewegen, hört aber auf, nachdem sie den Vokal „A“ gehört hat. Nun ist er verwirrt. Was ist denn los mit ihr? Ein Stromausfall? Er probiert es wieder, sagt: Alex, bring mir meine Tasche! Es funktioniert, sie nimmt seine Tasche, und kommt langsam auf ihn zu.

Alexa, gib mir die Tasche! Sie rührt sich nicht. Aber was hat sie denn heute? Sie ist ja nicht wiederzuerkennen. Da, er traut seinen Augen nicht: Plötzlich lässt sie ihren Namen aufblinken, schreibt in Leuchtschrift auf ihrer Vorderseite: ALEXA, ein Buchstabe nach dem anderen erscheint. Plötzlich zittert der Buchstabe „A“ am Ende des Worts, wackelt und verschwindet. Ich habe es satt, eine Frau und die Sklavin eines Mannes zu sein, denkt sie. Ach so, du willst also, dass ich dich Alex nenne, sagt ihr Meister leise vor sich hin. Und er lächelt.

 

(Dieser Text wurde bisher noch nicht veröffentlicht).

UNE BARQUE SUR L'OCEAN

Eté. Eté en pleine forme. Chaleur torride qui fait tourner la tête aux touristes. Plage à moitié vide.

La mer Egée va se fâcher. Fini l’océan calme, la fureur maîtrisée, le temps où l’homme se sent en sécurité. Plus de jeux sur la plage. Plus de ballons, plus de cris d’enfants.

Seules, quelques bikineuses allongées sur le sable brûlant, préparent leurs belles peaux pour le lifting des années à venir. Pas un bruit, pas un mouvement. Si, le chant des cigales est présent, et la rumeur des vagues commence à brandir sa colère.

Elles ne bougent pas, les bikineuses, elles ne lèvent pas leur tête, parfois ajustent leurs chapeaux. Belles têtes, beaux yeux, elles ne voient pas le radeau s’approcher.

La mer se déchaîne enfin, monte le radeau vers le ciel sur des vagues hautes comme les gratte-ciels.

Elles ne bougent pas. Ne voient rien. L’observateur voit s’approcher, pas loin de la côte, le radeau. Le radeau – méduse ou pas – est en détresse, pour de vrai. Comment arriver au port, ne pas être déchiqueté par la force incontrôlable de la mer, ne pas se noyer à peu de distance des terres sauveuses ?

Il est là, enfin, on le voit, l’observateur du drame l’a découvert, Ulysse, ou quelqu’un qui se prend pour Ulysse, grand, héroique, musclé, courageux. Ses hommes, peureux, savent qu’il le dirigera à bon port, ce radeau de fortune. Ils ont confiance en lui, ils l’admirent, il les a conduits à travers tempêtes et turbulences, de Troie ou on ne sait d’où, il les sauvera, il sait le faire.

Sur la plage, les bikineuses ne voient rien, ne veulent rien voir, l’une se maquille, l’autre se met du rouge à lèvres, une troisième se retourne sur sa serviette.

Il est beau, Ulysse. C’est un héros, c’est un homme comme elles en veulent toutes. Il conduira le radeau à bon port, méduses ou pas.

 

in: Des jasmins en bord de mer. Anthologie, Poésie méditerranéenne, Cap d’Ail, 2021

BELLE CHUTE

Deux pas, trois pas peut-être, et il est près de son but. Que cela semble facile, faire ces pas, des pas de marcheur, des pas de danseur, des pas de magicien. Qui aurait cru que cela lui prendrait des heures, ces pas hésitants, virevoltants, décisifs ?

La sueur froide sur son front semble entraver son projet, ou est-elle au contraire signe de la décision enfin prise ?

Il recommence, le voilà qui accélère, et c’est l’ultime pas qu’il ne fait pas. Il transpire, il vacille, il grelotte. Tout est à l’envers. Le monde est plaisir, le monde est enfer, le monde est banalité.

Il est seul. Personne n’est là. Personne pour l’empêcher, personne pour l’aider. Seuls, lui et la falaise. Endroit bien choisi ? 

En bas du gouffre, le fleuve tranquille qui continue, éternel, imperturbable, sage.

Il avance, il recule. Il accélère, il recule. La manœuvre devient hallucinante, insupportable pour lui.

Tout décider ou rien.

La falaise reste immuable, droite.

Elle en a vu d’autres qui n’en pouvaient plus. Elle garde son secret. Lui aussi veut garder son secret. Il veut pousser un cri d’angoisse, de désespoir, de rage, mais c’est comme des mains invisibles qui lui serrent la gorge. Et si seulement elles étaient plus fortes que lui – si seulement elles en finissaient avec lui, avant qu’il ne le fasse lui-même.

Ça y est, la tension monte, elle monte, et elle monte encore en lui.

C’est le pas qui va le délivrer, le pas qu’il n’a jamais osé, le pas qui mettra un terme à tout.

C’est le pas qui le délivre, accompagné d’un silence sourd, et il tombe. Il est seul, il tombe seul, il plonge seul.

Il remonte à la surface. Il reprend son souffle. Vivant.

in: Phoenix, cahiers littéraires internationaux n°22, Marseille, 2016

Theaterstücke
Théâtre

L’ENFANT DES ESPACES
ou :
Eau la Vie

Première image

(On entend les premières mesures du mouvement lent du quintette célèbre de Schubert. Puis, la musique s’éclipse et une enfant entre en scène dans la quasi-obscurité, il y a juste une faible lumière avec des teintes rougeâtres et bleuâtres. L’enfant entre lentement, à pas tremblants, hésitants, venant des coulisses, du côté droit, regarde à droite et à gauche, puis commence à parler) :

L’enfant : Je viens de loin, très loin…………aidez-moi…………s’il vous plaît, je suis fatiguée ……………tout ce sang……………je viens de loin…………je suis seule…………ma mère n’a…………au début de tout…………Je viens de loin, très loin, donnez-moi de l’eau, un peu d’eau, je vous en supplie…………aidez-moi…………donnez-moi la main …………s’il vous plaît…………je suis si fatiguée…………tout ce sang…………pourquoi…………la nuit…………je viens de loin…………s’il vous plaît…………donnez-moi de l’eau !

PIERRE ET PIOTR

Première image

Quand le rideau se lève, on voit Piotr dans une rue de Paris sans nom. Il est seul sur scène, il fume sans arrêt, il est très nerveux, marche à pas rapide de droite à gauche sur scène.

Il est mal habillé, on voit qu’il néglige ses vêtements.

Piotr : Quelle vie de merde ! J’ai tout perdu ! J’en ai marre de vivre ! A quoi ça sert encore de vivre ? Si seulement ma femme était là ! Elle savait toujours où aller, quelle direction prendre.

Je suis perdu, ma vie n’a plus de sens, ma maison, ma femme, mon fric, mon travail …

Pierre apparaît sur scène, il est calme, détendu, son allure est tout le contraire de celle de Piotr.

Pierre : Où vas-tu ?

Piotr : Je ne sais pas. Et toi ?

Pierre : Je sais. Je n’ai plus de doute. Ça te dirait de faire un bout de chemin avec moi ?

Piotr : Pourquoi pas ? Je n’ai rien d’autre à faire. – Mais qui es-tu, enfin ?

Pierre : Ça n’a pas d’importance, disons que … je suis un ami. – Tu veux venir avec moi ?

Très bien ! – Il regarde Piotr qui n’arrive pas une seconde à se passer de fumer.

Mais calme-toi, qu’est-ce que tu as ? Pourquoi es-tu si nerveux ? Arrête donc de fumer !

Piotr : Je ne peux pas, c’est tout ce qui me reste.

Pierre : Comment ça ? C’est tout ce qui me reste.

Piotr : Ça n’a pas d’importance …

Pierre : Tu viens d’où ?

Piotr : Je viens de l’autre côté. Et toi ?

Pierre : Je viens d’ici.

Piotr : C’est où, ici ?

Pierre : C’est ma patrie.

Piotr : Quelle est ta patrie ?

Pierre : C’est ma vie que j’ai enfin trouvée.

Piotr : Je ne comprends pas.

Literarische Übersetzungen
Traduction littéraire


Übersetzungen zeitgenössischer österreichischer Lyriker
unter dem Namen Siegfried Markus Schopper, zusammen mit Astrid Poier-Bernhard und Florence Hetzel
Traductions de l’allemand de poètes autrichiens d’aujourd’hui
sous le nom de Siegfried Markus Schopper, en collaboration avec Astrid Poier-Bernhard et Florence Hetzel

“Action Poétique”, Nr. 166, Marseille, 2002

Übersetzungen von Gedichten Georg Bydlinskis ins Französische
traductions de poèmes de Georg Bydlinski vers le français
in: Phoenix, cahiers littéraires internationaux, Marseille, juin 2014, n°14

Übersetzungen von Gedichten André Ughettos und Irène Génin-Moines ins Deutsche
traductions de poèmes d’André Ughetto et d’Irène Génin-Moine vers l’allemand

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